Test | Legend of Grimrock 2

ENIGMES RETORSES ET CREATURES FEROCES, POUR UN SUPERBE « DUNGEON CRAWLER » A L’ANCIENNE

La légende, formidable machine à émerveillement. Suggérant à nos yeux son lot d’images et de symboles, la légende touche la corde sensible de l’imaginaire populaire. Et cette légende, Almost Human l’emploie à merveille. Le studio indé d’origine finlandaise ne cesse, depuis Grimrock premier du nom, de titiller notre inconscient collectif, en dépoussiérant avec grâce le « Dungeon Crawler » en vue subjective. Lointain cousin du RPG tel qu’on le connaît aujourd’hui, le genre est tombé en désuétude avec l’arrivée cinglante de jeu de rôles bien moins statiques, la série des Elder Scrolls en tête de liste. C’est un fait : tout suinte l’archaïsme dans Legend of Grimrock 2. Mais c’est dans l’appréhension si particulière des combats et dans la résolution des myriades d’énigmes, que le gameplay de Grimrock prend tout son sens.

Grimrock Troll

Porte, monstre, trésor

Case par case, on déplace d’un même mouvement notre groupe de quatre prisonniers, enchaînés les uns aux autres. Quatre forçats liés par l’acier, qui tentent au mieux de composer avec leurs forces et leurs faiblesses, à l’image de tout bon RPG qui se respecte. Élément scénaristique s’il en est, l’inséparabilité fortuite de nos héros justifie les besoins d’un gameplay exigeant. Car avant tout, Grimrock est affaire de placement et de déplacement. Un pas de côté malencontreux, et c’est la chute un étage plus bas. Un pas de trop en avant, et une plaque de pression libère une nuée de morts-vivants. Un pas hasardeux en arrière, et vous vous retrouvez pris au piège entre un mur et un troll belliqueux. Et si votre groupe ne leur font pas face, vos assaillants ne se privent pas de vous attaquer sur les flancs, rendant vulnérables vos héros les plus fragiles.

Que l’on se rassure : si l’action de LoG 2 reste en temps réel, vos ennemis aussi ne se déplacent qu’une case après l’autre. Les plus malins aurons cependant vite fait de comprendre (système de cases oblige)  comment manipuler le comportement des malfaisants; une technique déjà exploitable dans le premier Grimrock, et que l’on taira volontairement ici. Pour palier à cela, Almost Human a rendu quelques assaillants plus vifs et imprévisibles : certains pivotent quasi-instantanément pour vous regarder droit dans les yeux, tandis que d’autres peuvent s’affranchir des règles du jeu en sautant plusieurs cases, atterrissant directement derrière vous.

Races « in » carré

Ainsi, la formation de votre groupe revêt également une importance cruciale. Seuls vos deux personnages placés en première ligne peuvent atteindre au corps à corps les vilains en face de vous; le rang du fond est généralement réservé aux personnages préférant la distance. Vos quatre héros composant toujours un carré, vous pouvez à tout moment intervertir leurs positions : pratique, lorsque vous êtes attaqués par derrière ou sur les côtés, pour protéger vos protagonistes les moins costauds. Mais ne soyez pas fous, car un magicien ou un alchimiste placé en première ligne risque de rapidement passer l’arme à gauche, la faute à un faible nombre de points de vie.

Grimrock foudre

Tout amateur de RPG est donc ici en terrain connu. LoG 2 vous propose d’incarner une guerrière, un barbare, un adepte des armes à distance et un sorcier; outre les personnages par défaut, possibilité vous est offerte de créer vous-même votre équipe, et d’en attribuer les points de compétences à votre guise. Une bonne façon de bâtir un collectif qui frappe fort.

Mais gare alors au « cooldown », car chacune de vos actions offensives et défensives est soumise à un temps de latence, avant de pouvoir être à nouveau déclenchée : cela va de soi, plus l’arme est puissante, plus elle est lente à manier. Pour les adeptes de la magie, même topo, chaque sort devant être exécuté, à la souris, par une combinaison de runes. Nouveauté appréciable de ce Grimrock 2, la possibilité de charger des coups spéciaux en maintenant le bouton d’attaque. Une autre manière de pimenter cette dimension tactique que l’on recherche.

Façon puzzle

Plus encore que dans l’intelligence des combats, c’est à travers la pléthore de casse-têtes imaginés par ses développeurs finlandais, que LoG 2 excelle. Votre progression est ainsi semée d’une grande diversité d’embuches, dont la qualité de conception frise parfois l’orfèvrerie  : des simples leviers à tirer aux plaques de pression à fouler dans le bon ordre, en passant par des charades cryptiques et le déchiffrage de cartes aux trésors, chaque puzzle s’imbrique parfaitement avec le gameplay si singulier de Grimrock. Tout ou presque est pensé au millimètre, les énigmes répondant bien souvent à une logique et une thématique propre. Patience et observation sont donc de mises, pour peu qu’après quelques essais, le bruit lointain d’une porte qui s’ouvre puisse vous combler de bonheur.

Grimrock dalles

De ces énigmes, le monde de LoG en est truffé, à tel point que nombre d’entre elles sont loin d’être obligatoires pour avancer. Les secrets et salles optionnelles se chiffrent en dizaines, ceux-ci renfermant d’ailleurs les meilleurs objets et équipements pour vos héros. S’il faut bien avouer que les solutions de certains puzzles s’avèrent capillotractées, ces dernières ne se comptent que sur les doigts d’une main. Rien n’entame le plaisir que l’on prend à vouloir percer tous les mystères de l’île de Nex, en l’arpentant de bout en bout.

Architecture

Il faut pour cela compter sur l’immense travail de « level design » réalisé par Almost Human, qui nous rappelle une fois de plus que la conception d’environnements cohérents relève de l’art. Si Legend of Grimrock, premier du nom, nous balançais littéralement dans un donjon à flanc de montagne, les devs nordiques ont cette fois fait le choix d’un monde semi-ouvert bien plus varié (prairies verdoyantes, marais boueux, plages de sable fin, cimetières malfamés…); ceci étant, Almost Human ne nous privent pas d’intérieurs claustrophobiques, essence même du « Dungeon Crawler ».

Les sentiers de LoG 2 sont ainsi battus par un bestiaire qui aurait mérité d’être un peu plus fourni, la bonne moitié des monstres étant repris, sans changement aucun, de LoG 1. Les chefs de zones font néanmoins leur arrivée, rajoutant un peu de sel à la faune pugnace : malheureusement, plusieurs « boss » trépassent rapidement sous vos assauts répétés, même lorsque vous êtes dos au mur.

Legend_of_Grimrock_2-2

Le titre demeure un exemple de difficulté sauvage : les ennemis tiennent plus souvent du sac à points de vie, que du menu fretin. Tout comme son grand frère, Legend of Grimrock 2 vous en fera baver. Et pour les plus « hardcore », l’écran-titre offre la possibilité de désactiver la carte du jeu, vous inventant à la dessiner vous-même, à la main, au fur et à mesure de la progression. D’autant plus que l’ambiance sonore, particulièrement réussie, n’a rien pour vous mettre à l’aise au sein des nombreux dédales : vous ne compterez plus le nombre de fois où vous vous retournerez, au bruit d’un pas traînant comme au son d’un râle lointain.

L’épopée s’avèrera longue, et votre équipe de naufragés n’aura pour seul compagnon que ce mystérieux « maître de l’île », qui communique par notes éparpillés : très vite, vous vous rendrez compte que celui-ci ne vous veut pas que du bien. Certes le scénario de LoG 2 pourrait avoir été écrit sur un coin de table. Mais à vrai dire, peu nous chaud, tant le gameplay de Grimrock raconte sa propre histoire.
 

 

En résumé…

A l’heure où le jeu indé puise sans vergogne dans les gameplays les plus vieillots, Legend of Grimrock 2, sans déroger à cette constante, continue avec brio le travail entamé par son prédécesseur : rallumer la flamme d’un genre que l’on pensait à jamais désuet. Jouissant cette fois d’un monde ouvert et d’une quête plus longue, LoG flirte une fois de plus, pour notre plus grand plaisir, avec ces « livres dont vous êtes le héros ». Et si l’on se souvient des héros, les légendes, elles, ne meurent jamais.

  • Le « Dungeon Crawler » transcendé
  • L’univers à ciel ouvert
  • La variété des environnements
  • Des pelletés d’énigmes et de secrets
  • Une durée de vie colossale
  • Le bestiaire repompé sur Grimrock premier du nom
  • En anglais uniquement

 
Config minimum – Système d’exploitation : Windows XP Processeur : Dual Core 2.33 GHz Intel or 3.0 GHz AMD Mémoire vive : 2 GB de mémoire Graphiques : Geforce GTX 8800, AMD Radeon 4850 or Intel HD Graphics 5200 or better (1GB graphics memory or more. Shader Model 3.0 needs to be supported). Minimum supported resolutions 1280×720 and 1024×768 DirectX : Version 9.0c Espace disque : 2 GB d’espace disque disponible

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