TEST | FURI

ET VOUS, VOUS AIMEZ UN PEU, BEAUCOUP, OU PASSIONNÉMENT LES COMBATS DE BOSS ?

Furi, c’était l’un des jeux gratuits du PS+ du mois de juillet sur PlayStation 4. Celui-ci était pourtant tout fraîchement sorti de l’œuf le mois précédent. Furi, c’est le bébé de The Game Bakers, un studio basé à Montpellier et qui avait déjà rencontré un certain succès avec notamment des jeux mobiles tels que Squids ou Combo Crew. Furi, c’est le jeu à mi-chemin entre la rigueur de Devil May Cry et le charme énigmatique de Shadow of the Colossus. Mais surtout, Furi aura raison de vos nerfs… Et le plus dingue, c’est qu’ils en voudront encore.

Une entrée en matière bien mystérieuse…

Furi_Test01L’univers de ce jeu, c’est un mix un peu étrange. Le Japon traditionnel s’invite dans un cadre futuriste, technologique, baigné dans les lueurs de néons fluorescents sur fond de musique électronique.
Votre première rencontre avec le héros vous met vite dans le bain de l’ambiance générale (en gros, vous allez manger). Visiblement diminué et entravé dans une cellule de prison, il se fait jovialement molester par l’un de ses geôliers. Enfin seul, un homme singulier au masque de lapin s’incruste dans sa cellule et le libère de ses chaînes. Son discours est plutôt clair : il veut s’échapper, vous aussi. Il vous a libéré, mais c’est à vous de vaincre un à un les gardiens des lieux pour assurer votre évasion. À commencer par votre tortionnaire…

Un certain mystère, un flou délibéré, plane tout au long du jeu. Votre héros n’a ni nom, ni voix. Le jeu répondra au fur et à mesure à certaines de vos interrogations. Cependant, ne vous attendez pas à ce que tout devienne soudain cristallin. Il en ira beaucoup de votre interprétation. La façon de distiller les informations çà et là est d’ailleurs un choix discutable.

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Pas creepy du tout. Voilà qui vous met en confiance immédiatement.

 

En somme, le jeu se divise en deux parties. Les combats de boss, et les routes vous menant jusqu’aux prochains cerbères. C’est lorsque vous arpenterez ces routes que la majorité de la narration sera livrée. Et puisque votre héros préfère se comporter en carpe, c’est son compagnon à tête de lapin qui meublera la conversation à lui tout seul. Il vous fournira des informations sur le background de l’adversaire à venir, et de discrets détails venant étoffer le monde. Furi_Test03Certes plaisantes et calmes, ces phases comportent tout de même un inconvénient. Elles sont parfois trop longues.
Autant il est appréciable de pouvoir prendre une pause après toute la tension provoquée par un combat de boss qui a duré des heures, autant la césure est trop violente. Encore chauds bouillants, et galvanisés par votre victoire précédente, la lenteur de ces interludes s’avèrera parfois un peu frustrante. Dans mon cas, l’impatience de découvrir le prochain boss et à quelle sauce j’allais être mangée me brûlait les doigts. Et il faudra pourtant patienter. Se contenter de faire avancer le personnage (manuellement, ou en marche automatique par la simple pression d’un bouton), et écouter le monologue du type chelou à tête de lapin. Loin de moi l’idée de dire que ce que vous raconte votre pote est inutile ou ennuyeux. Il parle juste beaucoup, tandis que votre cerveau est encore endolori. Alors quand c’est la 6ème fois que vous recommencez le jeu, les 5-8 minutes de marche paraissent longuettes. D’autant que vous ne pourrez pas passer ces scènes. Elles possèdent malgré tout du charme, ballotées au rythme de la musique électronique et des paysages qui défilent.
Le jeu possède en revanche une force inattendue dans sa narration : des fins multiples. À vous de les découvrir et de vous laisser surprendre.

Libéré, délivré, tes boss je vais tous les bouffer

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Furi porte bien son nom. Il mettra à l’épreuve votre sens du timing, votre concentration, vos réflexes, votre précision… et clairement, votre ténacité. C’est dans un joyeux mélange de Beat Them All et de Shoot Them Up, que vous devrez vaincre un à un les gardiens de votre prison et regagner votre liberté.
Il faudra maîtriser vos compétences, et apprendre (souvent) dans la douleur les patterns des boss pour en venir à bout. Pour faire court pour les non-initiés, les patterns, ce sont les différentes actions ou enchaînements d’actions que le boss va effectuer. Par exemple, un combo de deux coups rapides suivis d’un coup lent au corps à corps ou encore 2 vagues d’affilées à esquiver.

Les capacités du héros sont simples à assimiler. Bien qu’au fur et à mesure des combats vous en saisirez mieux toutes les subtilités et possibilités. Au corps à corps, vous effectuerez des coups de sabre rapides ou des coups chargés dévastateurs. De la même façon, votre arme à distance vous permettra d’envoyer des salves rapides, ou de charger vos tirs. Vous préserver des dégâts de vos adversaires sera essentiel, et il faudra compter sur les esquives ou les contres. Pour l’esquive, c’est seulement une fois le bouton relâché que le personnage effectuera un dash vers la direction voulue. Une esquive chargée plus longtemps, signifiera une distance de dash plus longue. Un contre réussi vous récompensera par un petit regain de vie. Un effecué avec un timing parfait sera en plus l’occasion de renvoyer une violente attaque à la partie adverse. Quant à connaître le bon timing pour contrer, une fois n’est pas coutume : suivez la lumière blanche. Elle apparaîtra sur les armes de vos ennemis peu de temps avant l’impact prévu avec votre bouche. La maîtrise de l’esquive et du contre, c’est la clé de la réussite et de la survie.

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Les combats s’articulent autour de différents éléments. Vous disposez de 3 barres de vie quand les boss en possèdent entre 3 et 6. La plupart du temps, chaque barre de vie d’un boss comprend deux jauges.
Pendant que vous tenterez de descendre la 1ère jauge (bleue), l’arène entière sera accessible. Le boss vous en enverra plein la tronche, à coup de bouboules (parfois à têtes chercheuses), de corps à corps, de lasers, vagues électriques et autres réjouissances. Vous essayerez de lui rendre la pareille, tout en prenant le moins de dégâts possibles.

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Les duels… toujours un moment de grande pression !

Une fois arrivé au bout de la bleue, vous entamerez la rouge, et par la même, une phase de « duel » avec le boss. Ne pouvant vous éloigner d’un certain périmètre autour de lui, ces séquences tendues vous imposeront des déplacements restreints. Et oubliez le pistolet laser. En duel, il vous est interdit, c’est corps à corps ou rien. Arriveront alors les moments de gloire du contre et de l’esquive, vos atouts les plus précieux. Vos déplacements limités dans l’espace, esquiver des zones au sol exigera davantage de précision avec des timings plus serrés. Après avoir réussi à esquiver ou contrer un combo, vous aurez bon espoir (si vous êtes assez rapide) de placer quelques coups bien senti au malheureux.
Si vous parvenez à vider la jauge rouge, vous entamerez une nouvelle barre de vie du boss. Pour vous récompenser, vous récupérerez vous-même une barre de vie. À contrario, si le boss vous a mis minable et que vous perdez une barre, la sienne sera réinitialisée et vous recommencerez la phase actuelle depuis le début ! Ça tombe bien, si vous en êtes là, c’est que vous n’en n’aviez pas bien assimilé les patterns. Alors on prend la même, et on recommence.

Est-ce le jeu qui fait les gardiens, ou les gardiens qui font le jeu ?

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Au-delà du gameplay fluide et très nerveux, le vrai plus de ce jeu, ce sont les gardiens Ils ne sont pas juste des boss, ils sont au centre de tout. Pour chacun, c’est à la fois un nouveau décor, une nouvelle ambiance sonore, un nouveau personnage charismatique au chara-design qui claque, mais surtout, des capacités et une arène de combat en accord avec cet ensemble. La conception des combats et leurs diversités, c’est l’atout majeur de Furi. Et là, on frise le génie. Ainsi chaque boss (voire phase) va tester vos acquis, et venir perturber les habitudes assimilées. À chaque gardien ses spécificités, à chaque phase son lot de surprises. Et pour le joueur, ça signifie clairement un intérêt renouvelé. Quand un boss vous punira pour l’utilisation de votre pistolet en vous renvoyant les projectiles, un second esquivera toutes les attaques que vous pourriez tenter au corps à corps. Un autre encore vous forcera à faire tout le combat en mode « duel ». Autant vous dire qu’il va falloir savoir jouer du contre.
Autre surprise oh combien agréable : en mode Furieux, les patterns des boss sont différents à chaque phase. Et il ne s’agit pas seulement d’un petit coup spécial ajouté pour l’occasion. On parle bien de phases entières de combat de boss changées, et donc à réapprendre ! Rythmées par vos larmes de sang et l’envie de boulotter votre manette. The Game Bakers a réalisé un travail mo-nu-men-tal.

Si vous êtes curieux de savoir à quoi ressemble le gameplay,  je vous propose de découvrir en vidéo le même boss en difficulté classique et en furieux. Vous constaterez bien vite que votre humble serviteuse peine encore à assimiler tous les patterns du second mode (notamment la dernière phase)… En revanche, ATTENTION AU SPOIL si vous ne souhaitez pas voir un combat de boss dans son intégralité !

 

 

 

Vous l’aurez compris, Furi est exigent, et il vous en demandera beaucoup. Mais sa réussite réside aussi dans son équilibrage. À chaque nouvel essai, votre progression est tangible, et rien que ça en soit, c’est gratifiant. Quand vous passez une phase les doigts dans le nez alors que quelques essais plus tôt vous vous mangiez TOUT sans être capable de l’esquiver, c’est déjà une victoire. Ok, pas pour le jeu. Mais pour votre ego, si. Parfois le combat vous semblera insurmontable, pourtant vous y parviendrez et en ressortirez toujours plus habile. Petit bonus, en plus du mode classique et du mode Furieux, vous pourrez débloquer un mode Speedrun, ainsi qu’un mode Entraînement.

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Et sinon, il reste de la place pour mes fesses quelque part ou comment ça se passe?

 

Un style qui s’impose

Furi propose clairement une direction artistique de qualité. Le studio ne déconne pas avec le casting. Au design des personnages, Takashi Okazaki, le créateur du manga et de l’animé Afro Samurai. Les décors des différents mondes, oniriques et tranchés, poussent le joueur au voyage. La palette de couleur flashy et shiny, se prête à l’ambiance cyber-punk, captive le regard. Mais s’il est vrai que le jeu possède une identité graphique indéniable et séduisante, il aurait mérité d’être un peu plus lisse. En tout cas d’être amélioré techniquement sans être à la pointe pour autant. Les textures apparaissent parfois approximatives, le personnage légèrement rigide lors des longues phases de marche… Mais ça ne boude pas non plus notre plaisir.

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Côté musique, des artistes et groupes comme Carpenter Brut, Danger ou Waveshaper entre autres ont accouché d’une BO électronique immersive conçue pour le jeu. Que l’on joue ou pas, on aime y replonger et on se laisse porter avec béatitude.

Le jeu nous propose également des doublages audio en français, anglais et pour les fans de culture nippone, un doublage japonais de très bonne qualité. C’est un vrai plus, ça sert parfaitement l’univers et les personnages gagneront soudain +100 en charisme. Surtout en ce qui concerne votre pie… Pardon. Votre lapin, de coéquipier (je le bash beaucoup, mais qui aime bien châtie bien).

Au-delà du scénario énigmatique et d’un habillage graphique améliorable, le jeu souffre encore de quelques bugs. Il y a une grosse différence entre perdre le combat parce qu’on est responsable de son manque de concentration ou de skill, et devoir relancer le jeu au milieu d’un fight à cause d’un bug. Et c’est autrement plus frustrant. Rassurez-vous, ce n’est pas chose courante non plus. Mais quand c’est carrément la console qui crash et qu’il faut relancer, là il y a de quoi avoir un peu les boules. Cela dit l’équipe a l’air sensible aux détails et travaille encore à améliorer l’expérience de jeu. Ils ont encore récemment sorti un patch corrigeant certains soucis. Furi a donc ses défauts. Mais aussi beaucoup de qualités remarquables. L’adrénaline des combats et le goût de reviens-y qui vous squattera en témoigneront.

 

 

 

En résumé :

Un excellent Beat’em All/Shoot’em Up qui exige de la concentration, et qui fleure bon le travail et l’implication de son équipe. Pour peu que vous soyez un peu compétiteur, le mode de difficulté supérieur vous promettra de nombreuses heures de jeu supplémentaires. Un gameplay et des combats de boss extrêmement bien pensés, voilà le génie de Furi. Le scénario reste cependant vague et très sujet à l’interprétation malgré les quelques surprises qu’il vous réserve.

  • La conception des combats de boss
  • Se prendre pour un dieu…
  • Patterns des boss changés en mode Furieux
  • Le mode Speedrun
  • Les doublages japonais
  • Les phases de dialogue monologue qui peuvent tirer en longueur
  • … Ou se sentir comme une vieille bouse (mais on aime pas trop trop alors on y retourne vite pour changer ça)
  • Qualité graphique perfectible
  • Encore quelques bugs

Testé sur PS4

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